Louise de Ramezay et son moulin à scie
Auteur : Réal Fortin
Éditeur : Septentrion, Les cahiers du Septentrion

L'histoire documentée d'une femme qui, en Nouvelle-France et en la Province of Quebec, s'obstina à vouloir faire fonctionner son entreprise coûte que coûte - l'une des premières ‘femmes d'affairs’ de l'histoire du Canada et de l'Amérique du Nord

Montréal, le 5 mai 2009

À ce jour, aucune biographie complète n’avait été consacrée à Louise de Ramezay. Pourtant, cette femme déterminée à s'implanter dans l'exploitation forestière infiniment masculine encore aujourd'hui a eu un parcours peu commun.

Que de racontars... ou serait-ce possible ?
On a dit qu'elle a eu plusieurs moulins, qu'elle a fait transporter une tannerie à Chambly, que ses succès financiers lui auraient permis d'effacer les dettes de son père et de soutenir sa famille et que, précurseure, elle aurait permis à un de ses employés d'apprendre à écrire durant ses heures de travail. Mythe ou réalité ?

Louise de Ramezay fait partie d'une famille prestigieuse qui a participé aux événements les plus dramatiques de notre histoire. Son père, alors qu'il était gouverneur de Montréal, a fait construire le célèbre château qui subsiste encore sous forme de musée. Apprenant qu'un prisonnier anglais était constructeur de moulin à scie, il « l'achète » aux Amérindiens et lui confie l'aménagement d'une scierie dans la seigneurie de Chambly. Malgré les diverses péripéties qui se déroulent en ce lieu (meurtre d'un esclave noir, procès divers, bris causés par les glaces), il semble que cette entreprise lucrative marque l'enfance de Louise. C'est donc tout naturellement qu'elle en prend la commande quand l'occasion se présente. Jusqu'à sa mort à l'âge de 71 ans, cette femme célibataire dirigera sa scierie avec obstination malgré les nombreux obstacles, embûches, difficultés de toutes sortes.

Ça se passait au Québec, bien avant, pendant et après la conquête anglaise du pays qui devint le Canada, à une époque où personne ne s'imaginait qu'un jour les femmes auraient le droit de vote ou celui de décider de leur destin, y compris celui de mener leur propre entreprise.

Quelques extraits de cet excellent portrait d'une femme extraordinaire en pays difficile. Parti de « la simple monographie d'un moulin » (p. 12) à une époque où « chaque petit village comptait au moins un moulin à eau » (p. 10), il s'agit d'une lecture à la fois captivante, biograhique, historique, racontant la vie d'alors, les gens du pays, les « secrets soigneusement éparpillés dans les archives » (p. 10) avec en prime quelques illustrations, des sources et un index onomastique, racontant un moulin et une femme qui connut elle aussi son annus horribilis... juste après la conquête organisée.

Louise de Ramezay
« Aujourd'hui, la demoiselle Louise de Ramezay est reconnue pour avoir été l'une des premières ‘femmes d'affaires’ de notre histoire. » (p. 11)

Les débordements de rivières
« Le moulin Ramezay ne fait pas que des heureux. Au printemps 1714, alors que Claude de Ramezay est en France, la rivière des Hurons déborde et la digue du moulin empêche les eaux de s'écouler dans le bassin de Chambly. » (p. 19)

Des idées du temps
« Le roi Louis XIV se montrait peu favorable à l'envoi de Noirs au Canada car il craignait qu'ils ne s'adaptent pas au froid. » (p. 23)

La conquête anglaise et l'île aux Noix
« L'armée britannique déploie une armée formidable dans le but d'envahir et d'anéantir la colonie française [...] Les travailleurs se font rares [...] Les deux associés ratent alors une belle occasion en 1759. En effet, le brigadier-général François-Charles de Bourlamaque dirige les travaux de construction d'une importante fortification à l'île aux Noix cette année-là et il manque de planches pour construire les logements des soldats. » (p. 109)

Des données inattendues
« Le 27 octobre 1777, il loue le moulin pour la somme de ‘100 piastres espagnoles’ à Louis Rebello dit Lajoie. » (p. 149)


L'auteur

Enseignant à la retraite, Réal Fortin a participé à quelques découvertes de sites archéologiques, notamment le fort Sainte-Thérèse érigé par le régiment de Carignan et les casernes de Blairfindie construites à la suite de la guerre 1812-1814. Il a été cofondateur et président du Musée régional du Haut-Richelieu. Il a publié de nombreuses études traitant des événements marquants de l'histoire nationale qui se sont déroulés le long de la rivière Richelieu, dont Le Fort de Chambly (Septentrion, 2007). Il est membre du conseil de la Société d'histoire de la seigneurie de Chambly depuis 2003.


Hyperliens
Éditions du Septentrion, Québec
Musée du Château (de) Ramezay

Du même auteur :
Un premier titre uniquement en numérique, mieux, du texte en vieux français disponible uniquement en format PDF 1760, les derniers jours de la Nouvelle-France


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