Jean-Jacques Pelletier, Maud Tabachnik, Philippe Lugassy (journaliste à la Télévision suisse romande et médiateur du débat) et André Klopmann
Photo © Jacqueline Mallette 2005

Débat sur le racisme :
La littérature est-elle une arme redoutable pour combattre le racisme et l'antisémitisme ?

Montréal, le 25 mars 2005

Dans le cadre de la sixième Semaine d'actions contre le racisme, un débat a suivi le lancement du recueil intitulé Boucs émissaires le 22 mars dernier à la librairie Olivieri à Montréal.

Questions discutées
Plusieurs points intéressants ont été soulevés, d'abord par le panel d'auteurs et journaliste, mais aussi ensuite par le public. Par exemple, on a en tout début déterminé le pourquoi habituel du racisme ou de l'exclusion, soit qu'il faut toujours se demander quels en sont les intérêts, financiers surtout. On a parlé des Juifs, des Arabes, des banques suisses et de ce qui amène parfois le racisme ou l'antisémitisme ainsi que les comportements abusifs qui s'ensuivent (on a brûlé une synagogue et un négoce juif la semaine passée à Lugano en Suisse, puis le gouvernement n'a exprimé de témoignage de sympathie qu'avec quatre jours de retard et quand il l'a fait tout le monde a su qu'il était trop tard) ; on a aussi parlé du phénomène de montée aux extrêmes qui permet des écarts de langage excessifs et orduriers, de la banalisation de la violence (dans le passé, on n'aurait jamais titré une émission « En attendant Pol Pot »), des structures d'exclusion (On va poser les vrais questions qui intéressent le vrai monde... Faites-moi la liste des gens qui ne sont pas du vrai monde !), de la réduction constructive dans les critères de sélection (être non-blanc, non-homme, etc.), des religions et des entreprises de fanatisme, et on a cité la disponibilité du livre de propagande écrit par Adolf Hitler, Mein Kampf, que l'on retrouve, sans prévis sur son contenu haineux, dans des librairies spécialisées en histoire mais aussi en publication libre dans une maison d'édition suisse qui en a récupéré les droits depuis 1938. Tout ça en une heure et demie !

Autres questions
Par ailleurs (personne n'est parfait --- ce qui bien évidemment inclut la personne qui le dit ou l'écrit), deux questions n'ont pas été répondues. La première, posée par le médiateur, à savoir pourquoi le mot racisme doit-il toujours être suivi du mot antisémitisme, a été suivie d'un silence. Et la deuxième, posée par une jeune fille (puisque c'est comme ça que l'on s'adressait à elle), à savoir ce qu'on pensait du livre de Serge Bilé sur la présence de noirs dans les camps nazi. Elle a été carrément rabrouée et on a poursuivi le débat sur la présence de nouveaux historiens pas toujours crédibles. Toutefois, par curiosité, nous avons ensuite posé la question, entre autres, à un érudit inconnu et infiniment rationnel dont nous tairons le nom, lequel a répondu à son tour par la question suivante : Mais pourquoi n'y en aurait-il pas eu ? Ben oui, en effet, pourquoi pas ? ... et il a poursuivi sa réflexion en expliquant qu'il aurait possiblement pu y en avoir une quinzaine de milliers car il y avait des noirs dans les régiments et que certains ont certainement dû être faits prisonniers et probablement détenus dans des camps de détention (par opposition aux camps d'extermination) situés dans le Sud de l'Allemagne, plus précisément en Bavière, et qui auraient été moins atroces et inhumains que les camps de la mort.

Conclusion
On ne peut pas conclure un tel débat, alors citons cette question posée par Maud Tabachnik : Si vous avez une entreprise d'armement, vous faites quoi pour promouvoir votre marché ?

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