Le sourire de la petite juive, roman montréalais
Auteure : Abla Farhoud
vlb éditeur
Montréal, le 30 mai 2011
Les mondes de la rue Hutchison, côtés Mile End et Outremont
Romancière s'immiscant dans les vies, Hassidim vivant fermés, mendiante...
C'est à un roman inhabituel que nous convie Abla Farhoud, libanaise d'origine, à propos d'une femme habitant la rue Hutchison à Montréal depuis plusieurs décennies. Il faut savoir que la rue Hutchison est considérée comme séparant la ville de Montréal et la municipalité d'Outremont devenue ville, puis maintenant arrondissement montréalais, puisque un côté de la rue se trouve à Montréal et l'autre à Outremont, ce qui a des répercussions considérables sur la vie de tous les jours.
Mais l'auteure considère plutôt que la fameuse rue Hutchison relie les deux entités urbaines.
Il faut aussi savoir qu'une communauté juive grandissante s'est installée à Outremont, avec sa « patrie portative, qui est la Torah » (Prologue). Or, si la romancière du roman nous explique à quel point cette communauté n'entretient aucune relation avec ses voisins non-juifs (hassidiques), faute de mieux les connaître la protagoniste ne peut que les observer de loin. La protagoniste, qui nous raconte avec autant de curiosité ce qu'elle sait de ses compères et consoeurs voisins et voisines de la rue Hutchison.
C'est donc un roman qui se re-nouvelle, un roman constitué de nouvelles, de courtes histoires exprimées dans Le journal de Hinda Rochel ou extirpées depuis les pensées de la prolifique Françoise Camirand, Hershey Rozenfeld, Willa Coreridge, Chawki et Isabelle, Jean-Hugues Briançon, Martine Saint-Amant, Ron Kowalski, Jacinthe Beaulieu... Tout un monde habitant ou peuplant le coin. Et si Françoise Camirand et Hinda Rochel sont les plus expansives, les autres en ont aussi long à raconter, qu'ils soient côté Mile End ou côté Outremont.
L'AUTEURE
Née au Liban, Abla Farhoud immigre au Canada avec ses parents en 1951. Comédienne dès l'âge de 17 ans, elle joue principalement à la télévision de Radio-Canada. En 1965, elle retourne dans son pays d'origine et, en 1969, elle s'installe à Paris. Après des études en théâtre à l'Université de Vincennes, elle revient au Québec en 1973. Elle écrit sa première pièce, Quand j'étais grande, en 1982, lors d'un cours de maîtrise en théâtre à l'Université du Québec à Montréal.
Auteure à temps plein depuis 1990, elle a écrit douze pièces de théâtre dont Les Filles du 5-10-15¢, Jeux de Patience et Les Rues de l'alligator. Elle est aussi l'auteure des romans Le Bonheur a la queue glissante (Les Éditions de l'Hexagone, 1998), Splendide Solitude (Les Éditions de l'Hexagone, 2001) et Le fou d'Omar (VLB éditeur, 2005).
Les livres d'Abla Faroud ont été traduits en plusieurs langues et ses pièces ont été jouées autant au Canada qu'à l'étranger.
Prix et distinctions
Prix du Roman Francophone pour Le fou d'Omar, France 2006
Prix France-Québec pour Le bonheur a la queue glissante, 1999
Prix Arletty pour Les Filles du 5-10-15¢, France 1993
Prix Théâtre et Liberté de la SACD pour La possession du Prince, France 1993
Finaliste au Prix des lectrices Elle Québec 1999, pour Le bonheur a la queue glissante
Finaliste à la Soirée des Masques 1995 (meilleur texte original) pour Jeux de patience
Finaliste à Radio-France International 1994 pour Jeux de patience
Finaliste à Radio France International 1995 pour Apatride
Résidente au Festival international des Francophonies, France, 1992
Résidente au Théâtre la Licorne et au Théâtre d'Aujourd'hui, 1996-1997.
EXTRAITS
« Je pense à moi et aux hassidim. Khosid, khassid, hossid ou hassid, en hébreu, signifie un pieux, et hassidim, les pieux. Toute leur vie est vouée à Dieu. Leur mindre geste est régi par la présence de Hashem. Tout est en fonction de ce Dieu sans nom : Hashem. » (p. 12, Prologue)
« Son mari ne doit jamais voir ses cheveux, ni aucun homme. Et toi aussi quand tu seras grande » (p. 42, Le journal de Hinda Rochel)
« Elle ne se souvient pas d'avoir pleuré ce jour-là, ni les jours qui ont suivi. Sa peine, trop grande, l'aurait broyée si elle n'était pas restée à la surface de son corps. » (p. 44, Tamara)
« Thérèse Huot ne sortait jamais de chez elle par la porte d'en avant. [...] Elle n'avait jamais vu de bêtes qui ramassent et mettent en banque, sauf les écureuils... et ses enfants. » (pp. 53-55, Thérèse Huot)
« Hutchison n'est pas une rue comme les autres, la preuve, demandez à n'importe quel chauffeur de taxi »
(p. 121, Interstice, Petite histoire d'une rue écartillée)
Livres, musique, CD, DVD
Les Premiers Juifs d'Amérique, 1760-1860 . L'extraordinaire histoire de la famille Hart
Les communautés juives de Montréal . Histoire et enjeux contemporains
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