Partir en voyage de tourisme en zone de guerre...

Le Destin du touriste

Auteur : Rui Zink
Éditions Métailié, Paris


Bibliothèque portugaise : O destino turistico

Mise en vente le 17 mars 2011



Un roman fascinant, troublant et rassurant sur le comportement humain,
sur le spectacle de la violence

« Encore heureux qu'il n'ait pas parié avec lui-même que,
cette fois-ci, la journaliste et le caméraman y seraient,
parce qu'il aurait perdu. »



Montréal, le 16 février 2011


Tout le monde veut apparemment passer ses vacances dans les lieux les plus idylliques possible. Mais que penser des gens qui répondent à une annonce touristique qui se lit comme suit : « Passez des vacances de rêve dans un lieu de cauchemar ».

Voyeurisme de la violence

Dans cette fiction, on est transporté doublement dans le monde citadin dit civilisé d'un homme occupé à emmener ses enfants à l'école et à se trouver un emploi et ensuite, très précisément, dans une zone trouble du monde. Une zone où les touristes et ONGistes arrivent par les soins d'une agence dont les travailleurs du tourisme sur place s'occupent de la logistique hôtel, taxi, etc., étant tout aussi habilités à protéger leur clientèle qu'à assouvir leur besoin de violence. Le protagoniste principal du roman, Greg, s'y rend parce qu'il souhaite y trouver la mort. Ses choix d'excursions et les observations qu'il fait sur les lieux et les gens qu'il rencontre sont teintés en conséquence. Un groupe de Philippins est là aussi, de même que les gens qui y ont toujours vécu et qui, par exemple les femmes de plus de 40 ans, n'ont plus leur place et à propos desquels on pense en toute franchise qu'elles devraient considérer le suicide même si on espère qu'elles seront là encore un peu pour s'occuper des enfants.

Cherche-t-il à vivre ou à mourir ?
L'auteur nous amène à comprendre graduellement, au détour des pages, pourquoi le Greg en question a envie de mourir avec, au passage, des commentaires auxquels on ne peut qu'acquiescer sur le comportement humain typique lors d'une situation extrême, qu'il s'agisse des battants de la Zone en guerre civile ou de résidants d'une ville toujours à la course, où tout peut arriver et où tout peut faire l'objet d'arrangements avec la vérité, avec le destin, avec la vie.

Greg n'est pas rempli de haine. C'est un autre sentiment qui l'habite et qui le pousse à se jeter en tourisme dans une zone de guerre alors qu'il pourrait continuer à vivre tranquillement chez lui.

Instinct de survie ou le contraire ?
On retrouve ici de nombreuses discussions cervicales avec soi-même, questionnements qui surgissent par exemple lorsque deux personnes sont en présence qui ne veulent pas trop se divulguer et qui se demandent si l'autre n'essaie pas de le tromper ou ne fait pas seulement semblant de le tromper en lui disant la vérité ou en lui mentant. Ça pourrait servir de pratique pour les futurs stratèges politiques ou de souvenir pour les anciens, qu'ils interagissent dans une zone ou en ville...

Mot de l'auteur
C'est avec grand éclat que se termine ce roman avec communiqué des plus officiel de la Commission européenne, après quoi Rui Zink partage quelques réflexions avec ses lecteurs, ce qui nous permet d'apprendre à le connaître un peu, d'apprendre qu'il conçoit cette histoire comme un conte. Pourrait-on qualifier son livre de fabuleux ? Mais alors, l'histoire tiendrait de la fable... Et où serait la morale ? Ou encore tiendrait-elle de la mythologie... Mais où seraient les dieux ?

EXTRAITS

« D'un autre côté, l'expérience lui avait appris que plus un gouvernement était nul, plus grande était la tentation de vouloir tout contrôler. » (p. 14)

« Encore heureux qu'il n'ait pas parié avec lui-même que, cette fois-ci, la journaliste et le caméraman y seraient, parce qu'il aurait perdu. » (p. 47)

« Un lion qui prendrait trop au sérieux les histoires autour de ses qualités présumées ne survivrait pas deux jours dans la savane. Ce serait la même chose que de demander à un dirigeant d'être à la fois efficace et intègre. Une contradiction dans les termes, une recette pour le malheur. » (p. 55)

« (Et depuis quand la médiocrité, le cynisme et la pauvreté de sentiments et d'idées étaient-ils devenus la norme ?) » (p. 100)

« Convenons-en, il fallait qu'une personne ait la tête un peu dérangée pour aimer voir des malheurs (enfin, réflexion faite, il suffisait qu'elle soit humaine. » (p. 156)

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