La guerre n'empêche pas le cinéma : Festival du film juif de Montréal
Les églises montréalaises, la spiritualité et la musique

Montréal, le 22 avril 2004

Documentaires, œuvres de fiction, 27 films venus de près de 20 pays différents offrent un éventail de la richesse et de la vigueur d’une culture en constante redéfinition, du cinéma qui s’adresse à tous ceux et celles qui veulent en apprendre un peu plus sur les différentes communautés juives. Plusieurs films, vidéos et documentaires présentent divers aspects de la vie des membres de cette communauté religieuse éclectique et ne semblent pas nécessairement propagandistes.

Quelques critiques
BEHIND ENNEMY LINES nous emmène en divers lieux d'Israël et de Palestine, au milieu du désordre et des soldats armés où l'on observe, entre la cage à poule de l'un et la colonie résidentielle de l'autre, le Palestinien expliquer que son peuple a été puni pour ce que les Nazis ont fait subir aux Juifs et où les deux paisibles amis poursuivent leurs visites mutuellement choisies pour faire valoir leur point de vue respectif ; ce document est une démarche extraordinaire et certainement très louable de Dov Gil-Har. Le film SHALOM IRELAND de Valerie Lapin Ganley retrace l'histoire sur deux millénaires des Juifs vivant en Irlande ; c'est un documentaire qui vaut la peine d'être visionné. Sur un tout autre ton, la vidéo intitulée DIVAN est amusante et représente une belle réussite personnelle et familiale malgré certains aspects techniques comme le bruit et certaines voix qui auraient probablement gagné à être légèrement égalisés. Le Festival présente également un documentaire qui ne laisse personne indifférent, MY ARCHITECT: A SON’S JOURNEY, qui est la quête d'un fils pour la reconnaissance de son père qui ne l'a, lui, jamais vraiment reconnu ni jamais laissé la moindre trace de son passage chez sa mère et qui avait plusieurs femmes avec enfants dispersés ici et là dans une même ville.

Description de quelques films et du Festival (source FFJM)
Une soirée de gala ouvrira le festival par un hommage à l’honorable E. Leo Kolber, mécène important avec le film Broken Wings, un film de fiction de Nir Bergman. Neuf mois après la mort d’un époux et d’un père adoré, une famille cherche vaille que vaille à retrouver un équilibre émotif et financier. C’est à Maya, une adolescente de dix-sept ans, qui rêve de chanter, qu’incombe la lourde tâche de retisser les liens du clan. Histoire puissante et universelle sur l’espoir, ce premier long métrage du jeune réalisateur a remporté, en 2002, neuf prix de l’Académie d’Israël, dont celui du Meilleur film, le prix du Meilleur film au Festival international du film de Tokyo, de même que, en 2003, le Prix du public et le Prix du jury œcuménique au Festival international du film de Berlin. Par la suite, Broken Wings prendra l’affiche au Cinéma du Parc dès le 14 mai.

Portraits, réflexions politiques et regards sociologiques ironiques composent le menu de la programmation documentaire. Avec My Architect : A Son’s Journey, le réalisateur américain Nathaniel Kahn retourne sur les traces de son père, l’architecte renommé Louis I. Kahn, individu secret dont on a constaté après sa mort qu’il avait vécu trois vies familiales distinctes avec trois femmes différentes. Dans un autre ordre d’idées, Forget Baghdad : Jews and Arabs – The Iraqi Connection, réalisé par Samir, propose un portrait de la vie à Bagdad à l’époque où juifs et musulmans coexistaient en harmonie. Les propos de quatre septuagénaires sont illustrés par du matériel d’archives. Dziga and His Brothers, du cinéaste russe Yevgeni Tsymbal, évoque trois êtres d’exception qui ont marqué l’histoire du cinéma : les frères Kaufman. L’aîné, mieux connu sous le nom de Dziga Vertov, créateur de la « caméra œil » et de la « radio oreille » à été, des décennies avant la lettre, précurseur du cinéma vérité.

En plus des films récents, on note également la présence de Len Blum, scénariste montréalais travaillant à Hollywood, qui donnera un atelier sur son métier. Aussi, en hommage à un film culte du cinéma muet, on présente Schuhpalast Pinkus, un film réalisé en 1916 par le célèbre Ernst Lubitsch avant qu’il ne quitte l’Allemagne pour Hollywood. La percussionniste Marie-Josée Simard, accompagnée du pianiste Gabriel Thibaudeau, joueront une pièce musicale qu’ils ont spécialement composée pour l’occasion.

La 9e édition du Festival du film juif de Montréal se tiendra à la Cinémathèque québécoise, au cinéma ONF et chez Ex-Centris, du 6 au 13 mai 2004. Les frais d’entrée pour les représentations grand public sont de 9,00 $. Pour les étudiants et les membres de l’âge d’or, ils sont de 6,00 $.

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Festival du film juif de Montréal (514) 448-5610 ou (514) 283-4826
Cinémathèque québécoise
Ex-Centris
Office national du film

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