Cinéma - documentaire sur une musique rebelle UNTIL THE LIGHT TAKES US
Le Black Metal en Norvège, églises brûlées, histoire, musiciens...

Ils pensaient en vendre 1500 ; c'est devenu un classique qui se vend toujours


Montréal, le 26 mars 2010


En 1991, on a commencé à incendier des églises tout juste après la création d’un mouvement underground regroupant des musiciens métal adeptes de l’anti-consommation. Pendant que les policiers et reporters cherchaient des réponses, de plus en plus d’églises brûlaient. Ils n’avaient aucune piste jusqu’à ce que Varg Vikernes, l’un des architectes de la scène underground musique-art-politique connue sous le nom de « black métal », revendique ces gestes. Il fut détenu et interrogé assez longtemps pour que les médias publient une histoire montée de toutes pièces sur les rites sataniques, les enlèvements et les sacrifices. Bientôt, d’autres jeunes hommes suivirent le sillon des médias, créant ainsi un cycle de réalité alimentée par la fiction.
Ce documentaire révèle la véritable histoire du black métal, un mouvement et un genre musical menés par des musiciens métal, des meurtriers, des pyromanes d’églises et des victimes de suicide. Le film se penche sur la naissance et la trajectoire explosive du black métal selon la perspective des musiciens, de jeunes hommes qui ont essayé de changer le monde avec la musique et des actes symboliques de violence.

La musique et les looks sont à faire peur et c'est le but
Depuis plus de 10 ans, la musique black metal a pour but de se rebeller contre la structure traditionnelle des chansons.

Comme les Beatles et les Flower People
Avec le recul, même si le film ne les mentionne pas, on peut considérer que comme dans le cas des Beatles et des regroupements des années 1960, alors que les jeunes trouvaient facilement du travail et que le monde était en pleine ébullition, ce film raconte la formation de groupes gothiques et de musique black metal en Norvège par le biais de jeux de rôle, d'art aux thèmes de la mort. Bien sûr le style est aussi loin de n'importe quel album des Beatles ou des thèmes floraux mais d'après ce que l'on voit dans ce documentaire, il s'agit d'un mouvement de jeunes rebelles prônant un renouveau provocateur tout comme l'étaient les autres.

La caméra passe beaucoup de temps à donner la parole à un individu tout ce qu'il y a de plus propre, présentement en prison à Oslo d'où il raconte calmement le mouvement socio-musical qui le passionne. Ces séquences, entrecoupées d'images tranquilles de jour, incluant un défilé patriotique, et des scènes de nuit dans les boîtes en Norvège ainsi que de rencontres avec d'autres adeptes du mouvement, racontent le pourquoi, l'émergence de religions qui ont aussi détruit les cultures locales dans le but de s'établir localement.

If you wanna build something new, you have to destroy the old first. Donc, selon ce prisonnier qui est celui qui a été accusé de brûler les églises ou d'avoir conspiré ou planifié le tout, en traduction libre : pour construire, il faut d'abord détruire ce qui est là. C'est son opinion. C'est aussi peut-être ce que l'on constate partout avec la globalisation et surtout en ce qui les concerne, avec les religions. Et comme l'omniprésente globalisation, la plupart des quelques séquences musicales du film et leurs coups d'éclat sont à tue-tête. Mais leurs paroles ne le sont pas ; dans le film, la plupart des jeunes s'expriment calmement.


Décortiquer les religions chrétiennes
Pour expliquer le fait qu'ils aient brûler des églises, les intervenants du mouvement explique que les religions qui se sont établies en Norvège n'ont démontré aucun respect pour la culture norvégienne au moment de la remplacer. Ils discutent des religions catholique, juive, baptiste, et puis du Nicaragua, de la nature, de la répression, de l'art contemporain, de la rébellion contre les parents et leur mode de vie, etc.

Art contemporain extrémiste
Le film nous emmène dans des musées et galeries où sont exposés des sculptures, tableaux et photos du mouvement black metal norvégien de même que de la dance. On y explique qu'il fallait avoir l'air extrêmiste, se donner l'air d'une mafia... Il fallait crier, se sauver la peau en accusant le premier, avec l'idée de satanisme en rubrique, et le cerveau brûlé n'hésitant pas à se détruire lui-même.

Musique Black Metal : on est loin de Mendelssohn et de Donovan
La musique par définition est bruyante, les voix sont rauques, les guitares sont grattées raide... la mise en scène est noire, les tatouages sont durs et malgré tout, un producteur de disques s'y intéresse. Au fond, c'est presque un prolongement du mouvement pacifiste Lennon-Ono. Ce qu'il faudrait se demander en tant que société c'est pourquoi le mouvement s'est amplifié dans une voie violente.

Mais l'accusé, lui, il est toujours en prison avec sa réflexion, son ordinateur, sa fenêtre, ses barreaux et ses rideaux.

C'est un très bon film, dans le genre documentaire musical, qui montre aussi des photos de musiciens décédés.

Le film a été visionné en version originale en langues anglaise et norvégienne.





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