The Turn of the Screw de Benjamin Britten
présenté en grande première dans le cadre de la 26e saison de l’Opéra de Montréal

Allison Angelo (Gouvernante); Thomas McLeay (Prologue); Gabrile Trottier (Miles, enfant)

Photo Yves Renaud

L’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal

The Turn of the Screw de Benjamin Britten

Montréal, le 2 avril 2006

C'est très théâtral, très mystérieux, les costumes sont sombres, la scène est à peine éclairée, la musique prospecte les lieux avant de se laisser capter au-delà du passage d'eau dans lequel marchent les fantômes portant encore les vêtements noirs ou gris et amples du temps de leur vivant réprimé. Les rôles des enfants sont joués par des enfants mais chantés par des femmes. On perçoit beaucoup d'anxiété dans toute cette peur de l'ombre et de l'onde... Tournant autour du thème de la mort, l'orchestre est composé de treize excellents musiciens dont une harpiste et une pianiste, de même que cinq aux cordes, cinq aux instruments à vent et un aux percussions et tymbales.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur cet opéra qui est reconnu comme étant le meilleur de Benjamin Britten, le jeudi 6 avril 2006 de 16 h à 17 h 30 aura lieu une table ronde avec Jean-Marie Zeitouni et René Richard Cyr, à l’hôtel Hyatt Regency Montréal dans le cadre du festival littéraire Metropolis bleu.

Montréal, le 23 mars 2006

En collaboration avec l’École nationale de théâtre du Canada et le Monument-National
Dans une nouvelle production
À la salle Ludger-Duvernay du Monument-National
L es 1er, 3, 5, 7 et 9 avril 2006 à 20 h

L’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal a débuté en 2005 une tradition en présentant chaque année un opéra en version intégrale, avec orchestre, ch¦ur, costumes et mise en scène, mettant ainsi en lumière ses nouveaux talents. Pour sa deuxième production, l’Atelier lyrique, en collaboration avec l’École nationale de théâtre du Canada et le Monument-National, présente, dans le cadre de la 26e saison de l’Opéra de Montréal, The Turn of the Screw (Le tour d’écrou) de Benjamin Britten, d’après une nouvelle de Henry James, maintes fois adaptée au cinéma. Cet opéra – en un prologue et deux actes – d’une troublante poésie, plonge les spectateurs dans une ambiance où se conjuguent mystère et maléfice.

Metteur en scène, comédien, auteur, réalisateur et directeur artistique, René Richard Cyr a évolué sur toutes les grandes scènes montréalaises. Il est notamment co-auteur et co-metteur en scène du spectacle Zumanity du Cirque du Soleil présenté à Las Vegas à l’été 2003. Pour sa première mise en scène à l’opéra ainsi qu’à la compagnie, il a choisi de conserver l’étrangeté et l’ambiguïté propres à la nouvelle de Henry James en exploitant les tensions intérieures des protagonistes, le trouble et l’éveil de la sexualité des deux enfants, dans une époque victorienne pleine de convenances.

Le ténor Thomas Macleay sera le Prologue. La mezzo-soprano Beverly McArthur incarnera l’intendante aux bonnes manières, Mrs. Grose, et la Gouvernante dévouée sera chantée en alternance par les sopranos Charlotte Corwin et Allison Angelo. Les fantômes Peter Quint et Miss Jessel seront chantés respectivement par le ténor Antonio Figueroa et par les sopranos Julie Daoust et Marianne Fiset en alternance. Les deux enfants, Miles et Flora, joueront des rôles muets et leurs voix seront respectivement celles des sopranos Claire Pascot et Pascale Beaudin, présentes sur scène. Le directeur musical de l’Atelier lyrique, Jean-Marie Zeitouni, assure la direction de l’Orchestre de l’Opéra de Montréal. Les diplômés et finissants de l’École nationale de théâtre du Canada complètent l’équipe de production : Pierre-Étienne Locas à la conception des décors/accessoires, Julie Bourbonnais aux costumes/accessoires et David-Alexandre Chabot aux éclairages.

Mystères des labyrinthes intérieurs

Au milieu du XIXe siècle, à Bly, dans l’est de l’Angleterre, la nouvelle Gouvernante arrive dans un manoir où elle a été envoyée pour faire l’éducation de deux jeunes orphelins, Miles et Flora, images même de l'innocence, sur lesquels veille aussi l’intendante Mrs. Grose. La Gouvernante se rend compte peu à peu que les enfants sont sous la domination occulte de l’ancien valet de chambre, Peter Quint, et de l’ancienne gouvernante, Miss Jessel, tous deux décédés, qui leur apparaissent, leur parlent, et opèrent sur eux un envoûtement maléfique. La Gouvernante est la seule autre personne à voir les deux fantômes. Mais elle se butte à l’incompréhension de Mrs. Grose, dépassée et incrédule. Dans une oppressante progression dramatique et devant ces inéluctables forces de l’ombre, Miles et Flora seront peu à peu dévoyés, séduits et, malgré les efforts dévoués de la Gouvernante pour les sauver, conduits à leur perte par les fantômes des deux serviteurs.

Composé dans le temps record de trois mois et demi, d’avril à la fin de juillet 1954, Le tour d’écrou est le huitième opéra du compositeur anglais Benjamin Britten, mais sa première incursion dans le genre de l’opéra de chambre (13 instruments). Dans cet opéra, Britten triture deux cordes maîtresses de notre angoisse : la fragilité de l'enfance et la mort, car il y a dans Le tour d’écrou plus qu’une simple histoire de spectres. Benjamin Britten, qui a signé là le plus abouti de ses opéras de chambre, place au centre de son oeuvre l’univers complexe de l’enfance et de sa perversion.

C’est après plus de 20 ans de réflexion sur la nouvelle fantastique écrite par Henry James en 1898 que Benjamin Britten l’adapte pour l’opéra en en préservant presque tous les détails. L' « écrou » du titre est représenté par un thème (associé à la figure de Quint) qui tourne à travers quinze variations instrumentales le long des interludes placés entre les huit scènes de chacun des deux actes. L'envoûtement est ici lié à la récurrence obstinée du thème varié qui charpente toute l'oeuvre, dont chaque retour apporte un tour de vis supplémentaire à un suspense toujours plus oppressant. Par l’utilisation de certains instruments affectés à tel ou tel personnage, la partition au lyrisme délicat ajoute encore au mystère et au non-dit de cette cruelle histoire d’envoûtement. Depuis sa création en 1954, Le tour d’écrou n’a jamais cessé d’être représenté. La nouvelle de James fut maintes fois adaptée au cinéma, notamment par Jack Clayton - Les Innocents (1961), et par Michaël Winner - The Nightcomers (1971) avec Marlon Brando dans le rôle de Peter Quint. Près de 50 ans après sa création, cet opéra reste une des oeuvres les plus inquiétantes du répertoire ; elle est aussi une des seules à véritablement oser aborder l'horreur dans son aspect surnaturel.

The Turn of the Screw
Opéra en un prologue et deux actes de Benjamin Britten (Lowestoft, 1913 – Aldeburgh, 1976)
Livret de Myfanwy Piper, d’après la nouvelle de Henry James
Chanté en anglais avec surtitres français et anglais
Créé au Teatro La Fenice, Venise, le 14 septembre 1954
Première à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal
Dernière production à l’Opéra de Montréal : mai 1996

Billets à l’unité à partir de 30 $
Billetterie de l’OdM (514) 985-2258 – Billetterie du Monument-National (514) 871-2224
ou via Internet : www.operademontreal.com

préOpéra : Avant chaque représentation, le musicologue Pierre Vachon présente l’oeuvre, son contexte, son livret et sa musique à la salle Marie-Vincent du Monument-National ; à 18 h 30 (gratuit pour les abonnés, 5 $ pour les non-abonnés). En français (résumé en anglais).

De la nouvelle au livret – Table ronde autour de The Turn of the Screw dans le cadre du Festival Metropolis Bleu – Une ville, des mots.
Jeudi 6 avril 2006 de 16 h à 17 h30 à l’hôtel Hyatt Regency Montréal.
Info : www.blue-met-bleu.com
Cette table ronde propose de plonger au coeur de l’opéra de Britten par le biais de l’oeuvre littéraire de Henry James. Un événement en trois actes de l’Opéra de Montréal. 1er acte : l’univers de James avec Éric Savoy, professeur à l’Université de Montréal; 2e acte : présentation de l’oeuvre lyrique de Britten avec Jean-Marie Zeitouni, chef d’orchestre ; la transposition scénique avec René Richard Cyr, metteur en scène ; extraits de l’oeuvre avec des chanteurs de l’Atelier lyrique; 3e acte : l’opéra à l’heure du numérique avec Mika, suivi d’extraits du technOpéra autour de The Turn of the Screw. Animation : Pierre Vachon.

technOpéra à la [SAT] – L’opéra à l’heure du numérique ! Des rencontres électrisantes réunissant jeunes chanteurs lyriques et jeunes créateurs du numérique autour des opéras à l’affiche, les jeudis 19 h à la SAT : Aïda de Giuseppe Verdi, le 4 mai. D’une durée de 90 minutes, chaque technOpéra consiste en un [Mix_Session] avec des chanteurs de l’Atelier lyrique qui évoluent au c¦ur de projections vidéos sur une musique inspirée de la trame originale. Gratuit pour tous les abonnés et les membres de la SAT, 5 $ pour les non-abonnés. Billets en vente à la porte.
Société des arts technologiques [SAT] : 1195, boulevard Saint-Laurent, Montréal / www.sat.qc.ca

Les enfants de 17 ans et moins : Les abonnés à 3, 4 et 5 opéras bénéficient de 60% de rabais sur l'achat de billets pour les enfants qui les accompagnent à l'une ou l'autre des représentations.

Abonnement pour les 18-30 ans : L'Opéra de Montréal offre aux jeunes de 18 à 30 ans la possibilité de s'abonner en bénéficiant de rabais importants allant jusqu'à 60% : 35 $ le premier opéra et 25 $ les suivants, pour des billets situés au parterre.

À venir :
Aïda de Giuseppe Verdi
20, 24, 27, 29 mai, 1er juin à 20 h et 3 juin à 14 h, à la salle Wilfrid-Pelletier
Richard Buckley dirige l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal
Mise en scène de Brian Deedrick

Billetterie de l’OdM (514) 985-2258 / Billetterie www.operademontreal.com
Le public peut entendre en tout temps des extraits des oeuvres à l’affiche en composant le (514) 282-OPERA.

Hyperliens
• Quoi faire à Montréal : calendriers culturels
• Articles sur les arts et la culture
• English Articles