Norma à l'Opéra de Montréal
![]() |
|
Hasmik Papian (Norma),
Antonio Nagore (Pollion), Kate Aldrich (Adalgise) dans NORMA de Vincenzo Bellini Opéra de Montréal Photo : Yves Renaud |
Montréal, le 18 septembre 2005
De beaux airs qui se balladent sur du velours
La musique de Bellini est d'une douceur remarquable. L'orchestre et les voix, y compris le choeur, dirigés par Bernard Labadie, le sont tout autant.
Les décors et costumes, chics et simples, ne sont pas encombrants ni pour l'oeil ni pour la scène. A partir de là, rien n'empêche les beaux airs de se ballader à leur guise.
Chanté en italien avec surtitres en français et en anglais, l'opéra compte deux actes mais cinq tableaux. Pendant le premier acte, la pause n'est qu'une PAUSE d'à peine quelques minutes pour permettre de changer les décors et c'est vraiment très rapide... à peine le temps d'un bisou ou d'un sourire (ceux qui sont sortis à ce moment-là n'ont pu revenir qu'après l'entracte).
Conflits dun triangle amoureux (Source : Opéra de Montréal)
Laction
se déroule durant la nuit, dans la Gaule au temps de loccupation
romaine. Les prêtres et guerriers gaulois se rassemblent dans la forêt
sacrée, en attendant Norma la grande prêtresse des druides et fille
dOrovèse qui doit donner le signal de linsurrection contre
les romains. Elle aime secrètement Pollion, proconsul de Rome en Gaule
avec qui elle a eu deux enfants. Cest pour lui quelle retarde le
combat et espère la paix, invoquant la lune. Norma ignore cependant que
Pollion sest lassé delle et quil courtise Adalgise,
jeune prêtresse vierge qui a promis de senfuir à Rome avec
lui. Déchirée entre sa foi et son amour pour un Romain, Adalgise
confie à Norma son amour pour Pollion, apprenant à son tour lamour
qui unissait Norma au Romain. Par fidélité à Norma, Adalgise
renonce finalement à Pollion. Celui-ci surgit et défit Norma.
Sous le choc, elle menace de tuer ses enfants, mais ne pouvant commettre un
acte aussi cruel, elle les confie à Adalgise en lui demandant de rejoindre
Pollion et de lépouser. Celle-ci refuse et propose de ramener le
Romain auprès delle
ce quelle fait sans succès.
Blessée, Norma appelle les Gaulois à se soulever contre les Romains.
Au même moment, Pollion est intercepté dans lenceinte sacrée
du temple des druides. Norma lui promet la vie sauve sil renonce à
Adalgise. Devant son refus, elle menace de tuer Adalgise et ses enfants, mais
prise de pitié et de remords, elle se dénonce elle-même
davoir trahi son peuple et fait préparer son propre bûcher.
Devant ce sacrifice, lamour de Pollion pour Norma se ranime. Norma confie
ses enfants à son père Orovèse et dans un geste héroïque,
monte sur le bûcher en compagnie de Pollion.
Le rôle de Norma compte au nombre des plus grands rôles féminins de lhistoire de lopéra. Si le rôle-titre est devenu l'une des plus célèbres incarnations de la légendaire cantatrice Maria Callas, avec notamment le célèbre Casta diva, dautres, telles Joan Sutherland et Montserrat Caballé ont honoré les exigences du rôle de cet opéra romantique ponctué daudaces et de contrastes expressifs.
L'oeuvre, où se côtoient tragédie, foi, passion, jalousie, amour et mort, demeure certainement la plus grande réussite du jeune génie italien Vincenzo Bellini. Son originalité réside dans le fait d'être une tragédie classique par le sujet quil traite avec des moyens purement romantiques : les personnages y agissent en fonction de leur sensibilité. Norma, troublée par un conflit triangulaire (amour divin, amour humain, amour maternel), est une sorte de Médée chargée d'humanité. Au livret, le poète Felice Romani a su décrire avec une simplicité le drame du peuple gaulois ployant sous le joug de loccupant romain quil aspire à renverser, et la tragédie des deux druidesses gauloises amoureuses dun même homme, de surcroît romain. Au-delà du drame politique, il y a le drame humain, auréolé dune douleur dévastatrice, de ces deux femmes transcendant leur amour pour Pollion par une admirable amitié que lopéra exalte avec une grande sensibilité. Le succès de Norma réside incontestablement dans la musique sublime et lyrique de Bellini qui a écrit là son chef-doeuvre, dune richesse mélodique inouïe soutenue par une orchestration dune finesse extrême. Et même si la première, le 26 décembre 1831, fut accueillie avec tiédeur par le public à La Scala, les représentations suivantes confirmeront avec éclat le succès de loeuvre qui sera présentée près de 40 fois lors de la saison 18311832, et qui na dailleurs pas quitté laffiche depuis.
Distribution
Norma Hasmik Papian, soprano arménienne, possède un parcours impressionnant. Après des débuts brillants à lOpéra national de lArménie, elle a entamé une carrière internationale qui la propulsée sur les plus grandes scènes lyriques du monde dans les rôles les plus incontournables du répertoire : Norma, Aïda et Tosca quelle chante à de nombreuses reprises, de même quAbigaille (Nabucco), Donna Anna (Don Giovanni), Mimi (La bohème), Lisa (La dame de pique), Violetta (La Traviata) et Amelia (Simon Boccanegra), entre autres. La saison dernière, elle est tour à tour Aïda à Berlin et à Séoul, Abigaille à Dresde, Mimi à Palerme, Soeur Angélique (Suor Angelica) au Théâtre Royal de Liège, Norma au Nationaltheater Mannheim et Lisa à lOpéra national de Paris. Le prestigieux Metropolitan Opera de New York lentendra sous peu dans le rôle-titre dAïda et de Madame Butterfly. Elle est également très présente au concert et interprète un grand nombre doeuvres de compositeurs arméniens. Elle fait ses débuts à la compagnie.
Adalgise Kate Aldrich, mezzo-soprano américaine. Après des débuts remarqués à Busseto en Italie en 2001 dans le rôle dAmnéris (Aïda), elle reprend ce rôle pour le film de Franco Zeffirelli, avant de le redonner à Rome, Florence, Ravenne, Naples et Piacenza. Elle incarne Jules César (Giulio Cesare in Egitto) au Hamburgische Staatsoper, Hansel (Hansel et Gretel) au Palm Beach Opera et Idamante (Idoménée, roi de Crète) au Los Angeles Opera, aux côtés de Placido Domingo. Puis viennent récemment ses débuts au Teatro Colón (Don Quichotte) et prochainement au San Diego Opera (Maria Stuarda). Nous avons pu lentendre à lOpéra de Montréal lors de la 7e édition du Gala (2002).
Pollion Antonio Nagore compte parmi les ténors américains les plus sollicités et respectés. À lOpéra de Montréal, il chante Faust (Mefistofele) en 2001 et participe à plusieurs éditions du Gala (1998, 2003, 2004). Son répertoire compte plus de 40 rôles, dont Don José (Carmen), le rôle-titre dans Werther, Hoffmann (Les contes dHoffmann), Rodolfo (La bohème) et Turiddu (Cavalleria rusticana). Il se produit dans une soixantaine de maisons dopéra et avec plusieurs orchestres en Amérique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient. Au cours de la saison 2004-2005, il a chanté Radamès (Aïda) au Deutsche Oper de Berlin, Cavaradossi (Tosca) à lOpéra de Montpellier, fait ses débuts au West Australia Opera en Pollion (Norma) et terminé la saison au Fresno Grand Opera dans le rôle de Calaf (Turandot), rôle qui lui a valu maints éloges au cours de sa carrière.
Orovèse Daniel Borowski, basse polonaise, participait à la 7e édition du Gala de lOpéra de Montréal (2002). Sa jeune carrière a connu une progression rapide, favorisée par la qualité exceptionnelle de sa voix et ses dons de musicien et dacteur. De grandes maisons dopéra lui ont confié des rôles importants, notamment le Roi dÉgypte (Aïda), Basilio (Le barbier de Séville) et Banco (Macbeth). Au cours de la dernière année, il a incarné le docteur Bartolo (Les noces de Figaro) au Grand Théâtre de Genève, Un moine (Don Carlos) au San Diego Opera, Jacopo Fiesco (Simon Boccanegra) au Santa Fe Opera, Sarastro (La flûte enchantée) à lOpéra national de Lyon et Timur (Turandot) à lOpéra national de Montpellier. Récemment, il était Piero (Pia de Tolomei), au Gran Teatro La Fenice de Venise, et à nouveau Sarastro, à Madrid.
Direction musicale Bernard Labadie, natif de Québec, est nommé directeur artistique de lOpéra de Montréal en 2002 et fait ses débuts à ce titre en novembre 2003 dans Thaïs et dirige, la saison dernière, les deux dernières productions, Agrippina et Carmen. Avant sa nomination à la compagnie, Bernard Labadie était directeur musical et artistique de lOpéra de Québec (1994 à 2003) où il a dirigé une quinzaine de productions. En 2004, il fait des débuts remarqués dans Così fan tutte au Mostly Mozart Festival de New York et dirige Lucio Silla de Mozart lété dernier pour la première fois au Santa Fe Opera. Il mène en outre une importante carrière de chef dorchestre en Amérique du Nord et en Europe, notamment à la tête de ses ensembles Les Violons du Roy (depuis 1984) et La Chapelle de Québec (depuis 1985), en concert à Washington et à Pasadena. Au cours de la saison 2004-2005, Bernard Labadie a été chef invité aux orchestres Los Angeles Philharmonic, Utah Symphony, Oregon Symphony, Vancouver Symphony et Atlanta Symphony. Il est nommé Officier de lOrdre du Canada en février 2005.
Chef de choeur Jean-Marie Zeitouni, né à Montréal, devient assistant chef dorchestre et chef de choeur à lOpéra de Montréal (2002), de même que directeur musical de lAtelier lyrique (2003). En 2004-2005 il y fait ses débuts comme chef dorchestre (Don Pasquale) et comme directeur musical de lAtelier lyrique (Didon et Énée), en plus de ses débuts à lOrchestre symphonique de Montréal et au Mostly Mozart Festival de New York (assistant chef). Parallèlement à ses activités montréalaises, il dirige Lélixir damour à lOpéra de Québec après y avoir été chef de choeur. Depuis quelques années, il est étroitement lié aux Violons du Roy comme chef associé. Il a donné avec eux plus dune centaine de concerts au Québec, ailleurs au Canada et au Mexique. Il a également dirigé des orchestres au Canada, aux États-Unis, à Cuba et au Vietnam.
Mise en scène daprès John Copely Stephen Pickover, né à New York, met en scène plusieurs opéras, comédies musicales et pièces de théâtre aux États-Unis et à létranger. Outre sa récente mise en scène de lopéra rock Remembrance of Things Past de Matt Gallaway, il travaille pour des maisons comme le Los Angeles Opera et le Houston Grand Opera. Il est de plus metteur en scène invité au Metropolitan Opera où il a entre autres réalisé Don Carlo, Tristan et Isolde, Norma, Susannah, Moses und Aron, Tannhäuser, La chauve-souris, Le cas Macropoulos, Billy Budd, Peter Grimes, Arabella, Pelléas et Mélisande, Rusalka, Fidelio, Lanneau du Nibelung, Le vaisseau fantôme, Carmen, plusieurs de ces productions ayant été diffusées sur le réseau PBS. M. Pickover est également directeur artistique en résidence du Riverside Opera Ensemble. Il fait ses débuts à la compagnie.
Décors et costumes John Conklin, concepteur de décors et de costumes, signait les décors dAgrippine la saison dernière à la compagnie, après avoir réalisé ceux de Carmen (1999) et de La bohème (2004). Il compte parmi lune des figures dominantes de la conception scénique aux États-Unis, au théâtre comme à lopéra. Il participe régulièrement aux productions du Glimmerglass Opera (Cavalleria rusticana et Pagliacci, 2002), et réalise les décors pour la plupart des grandes scènes américaines dont le Metropolitan Opera (Ghosts of Versailles), le New York City Opera (Die Soldaten, The Turn of the Screw) et le San Francisco Opera. Sur la scène européenne, des maisons comme lOpéra Bastille, le English National Opera et le Bayerische Staatsoper ont sollicité sa contribution. Il est directeur artistique adjoint du Glimmerglass Opera et enseigne à la New York University.
Éclairages Luc Prairie, concepteur canadien, a signé les éclairages de plus dune centaine de productions partout au pays : de Frédéricton à Victoria, en passant par Toronto, Edmonton, London, Calgary et Montréal. Il a signé les éclairages pour la Compagnie Jean-Duceppe, le Centaur Theatre, lOpéra McGill, le Canadian Stage et le Canadian Opera Company de Toronto, lEdmonton Opera Company, le Pacific Opera de Victoria, lOpéra de Calgary, le Théâtre du Nouveau-Monde et le Centre Saydie Bronfman de Montréal. Il enseigne également au collège Lionel-Groulx. Parmi ses dernières réalisations, mentionnons La mémoire de leau à la Compagnie Jean-Duceppe, The Burnt Piano au Centaur Theatre, The Man of la Mancha au Centre Saidye Bronfman, Idoménée pour lOpéra McGill, Appelez-moi Stéphane à la Compagnie Jean-Duceppe, Long Days Journey Into Night au Centaur Theatre et Les nonnes au théâtre La Marjolaine. Il fait ses débuts à la compagnie.
Norma
Tragédie lyrique en deux actes et quatre tableaux de Vincenzo Bellini
(1801-1835)
Livret italien de Felice Romani, daprès la tragédie dAlexandre
Soumet Norma ou linfanticide.
Chanté en italien avec surtitres français et anglais.
Créé à Milan au Théâtre de la Scala, le 26
décembre 1831.
Dernière présentation à lOpéra de Montréal
: octobre 1982.
La répétition générale du 15 septembre est ouverte gratuitement aux étudiants de 25 ans et moins. Réservation : 514-985-2258
Conférences préOpéra
Les conférences préOpéra sont données avant chacune
des représentations. Animées par le musicologue Pierre Vachon,
elles se tiennent au Piano Nobile de la salle Wilfrid-Pelletier à 18
h 30 pour les représentations en soirée et à 12 h 30 pour
les représentations en matinée (gratuit pour les abonnés,
5 $ pour les non-abonnés). En français avec résumé
en anglais.
Hyperliens
Rencontres
en Gaule romaine
Saison 2005-2006
Court Résumé de Norma et productions
à venir
Abonnements
Brochure OdM : (514) 985-2258
Extraits : (514) 282-OPERA
Billetterie : www.operademontreal.com
Carmen
Agrippina présenté
par l'Opéra de Montréal
Pour
en savoir plus sur Montréal
Quoi faire à Montréal
: calendriers culturels
Articles sur les arts
et la culture
English Articles