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| La soprano Marie-Josée Lord s'est mérité une ovation instantanée en Soeur Angelica Crédit : Photographe, Yves Renaud |
Il tabarro & Suor Angelica de Giacomo Puccini à l'OdM
À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
Les 23, 27, 30 septembre et le 5 octobre 2006 à 20 h
Montréal, le 23 septembre 2006
LOpéra de Montréal a débuté sa saison ce soir avec deux des trois opéras en un acte du Triptyque de Giacomo Puccini, avec particulièrement deux grands chanteurs, le ténor Marc Hervieux, passionnant dans le rôle de lamant Luigi (Il tabarro) et la soprano Marie-Josée Lord, infiniment émouvante en Soeur Angelica.
Le programme de cette saison porte encore la signature de
Bernard Labadie
Ce qui est vraiment dommage, cependant, c'est l'absence de celui qui a concocté
la saison et dont il manque la fine touche finale en raison du manque de financement
chronique de l'Opéra de Montréal, à l'heure où l'on
inaugure une maison de l'opéra à Toronto, co-financée possiblement
par des entreprises qui se sont développées, comme la ville dite
reine du Canada, en partie sur le dos de Montréal et dont la clientèle
pourrait bien aussi être en partie québécoise. À
l'heure aussi où le nouveau gouvernement fédéral trouve
des milliards pour stimuler l'industrie de la guerre, envoyant des soldats québécois
et canadiens subir le même sort que lors d'un débarquement célèbre
de la 2e guerre mondiale, c'est-à-dire foncer les premiers sur le front
le plus dangereux des alliés.
Enfin, les deux opéras sont bien, avec des décors subtils, mais on ne peut s'empêcher de réfléchir en partant avec un arrière-goût de forte amertume. Bravo à la Banque Nationale, bravo à La Presse, à The Gazette et à Spinelli Infinity. Mais il faudrait d'autres partenaires à l'Opéra de Montréal, sinon il faudrait peut-être que les Québécois se demandent si les sociétés dont ils sont clients rendent le moindre centime à la communauté dont ils profitent en termes de milliers, de millions et de milliards de dollars.
Prochain
rendez-vous
La traviata de Verdi
Les 4, 8, 11, 13, 16 novembre 2006 à 20 h et le 18 novembre 2006 à
14 h
Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
Opéra de Montréal : La saison 2006-2007 débute le 23 septembre
avec deux des trois opéras en un acte du Triptyque de Giacomo Puccini
Montréal, le 2 septembre 2006
LOpéra
de Montréal présente Il tabarro & Suor Angelica de
Giacomo Puccini
à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
les 23, 27, 30 septembre et le 5 octobre 2006 à 20 h
Cest avec du chant bouleversant et des émotions fortes que lOpéra de Montréal donne le coup denvoi de sa 27e saison : Il tabarro (première à la compagnie) et Suor Angelica, deux des trois opéras en un acte du Triptyque de Giacomo Puccini. Le premier est campé sur les bords de la Seine, dans le Paris du début du XXe siècle, et le second dans latmosphère de la vie monacale italienne du XVIIe siècle, deux univers bien distincts qui témoignent du sens dramatique du compositeur et de son appartenance à la grande école italienne, de par le lyrisme de sa partition.
Dans les rôles principaux de cette production, deux étoiles québécoises : le ténor Marc Hervieux, dans le rôle de lamant Luigi (Il tabarro) et la soprano Marie-Josée Lord en Soeur Angelica. Le baryton américain Grant Youngblood incarne Michele, le propriétaire de la péniche, et le rôle de sa femme Giorgetta est interprété par la soprano norvégienne Turid Karlsen qui fait ses débuts à la compagnie (Il tabarro). La mezzo américaine Robynne Redmon est Frugola (Il tabarro) et la Princesse, tante de Soeur Angelica (Suor Angelica). Jean-Marie Zeitouni dirige lOrchestre symphonique de Montréal et le Choeur de lOdM. La mise en scène a été confiée au Canadien Alain Gauthier, les éclairages à Anne-Catherine Simard-Deraspe, la conception des décors et des costumes à Tereza Przybylski du Canadian Opera Company (Il tabarro) et à lOpéra de Montréal (Suor Angelica).
Il tabarro : « Si lamour nous fait vivre, il nous fait mourir aussi »
Évoquant le Paris des faubourgs parisiens dÉmile Zola, ce drame social se déroule du crépuscule à la nuit noire, sur une péniche ancrée au bord de la Seine. La vie de Giorgetta et de Michele coule comme un fleuve tranquille. Les débardeurs travaillent, latmosphère est glauque. Giorgetta verse à boire aux mariniers qui se mettent à danser. Pensant tromper un moment la surveillance de son mari, Giorgetta convient avec Luigi, son amant, dun rendez-vous plus tard dans la nuit. Mais Michele, resté seul sur la péniche, surprend Luigi, venu rejoindre Giorgetta. La querelle éclate entre les deux hommes. Jaloux, Michele étrangle Luigi et dissimule sous sa houppelande le cadavre de lamant assassiné. Giorgetta parait aussitôt, inquiète. Devant elle, horrifiée, Michele laisse tomber le corps inanimé de Luigi. Le manteau dabord protecteur, symbole de lappartenance au lien familial, finit par dissimuler le meurtre odieux qui vient tout juste dêtre commis.
Suor Angelica : La mort plus belle que la vie ?
Laction se déroule à la fin du XVIIe siècle, dans un couvent, près de Florence. Soeur Angelica y est entrée sept ans auparavant, après quelle ait donné naissance à un enfant hors mariage. Ses seules joies, elle les trouve au jardin. Elle reçoit un jour la visite de sa tante, une princesse, venue régler lhéritage familial, car la jeune soeur dAngelica se marie. Elle demande à Angelica de signer une renonciation, ne manquant pas de lui rappeler sa faute passée, le déshonneur qui a rejailli sur la famille et son devoir dexpiation. Angelica lui réplique quelle a tout sacrifié à la Vierge, mais quelle ne peut oublier son enfant. La Princesse lui annonce alors que son fils est mort depuis deux ans. Atterrée, elle seffondre, sous le regard impassible de sa tante. Restée seule, Angelica, implorant le pardon de la Vierge, se donne la mort avec un poison quelle a concocté à partir de plantes toxiques.
Puccini, peintre de lâme humaine
Puccini est le dernier représentant dune certaine tradition de grands compositeurs italiens. Ses oeuvres ont été présentées sur les plus grandes scènes dopéra et témoignent dun instinct théâtral, dinventions mélodiques somptueuses et dinnovations musicales. Son goût prononcé pour la mélancolie sexprime au travers dune harmonie chatoyante. Cest aussi un émouvant peintre de lâme humaine.
En 1918, Puccini finit la création du Triptyque : Il tabarro, Suor Angelica et Gianni Schicchi, trois opéras en un acte, au style propre et aux sujets différents, mais écrits pour être chantés dans une même soirée. Complètement indépendant, ces trois opéras ne constituent pas une suite narrative et nont en commun que le thème de la mort. Les théâtres ont depuis pris lhabitude de proposer l'un ou lautre des trois opéras.
Avec Il tabarro, daprès la pièce de Didier Gold qui fût lun des grands succès parisiens du début du vingtième siècle, Puccini signe son oeuvre la plus authentiquement vériste, dans laquelle les sentiments sexpriment dans toute leur violence, ancrant son opéra dans lunivers difficile du quotidien des débardeurs. Témoignant de lextrême difficulté physique de leur travail et de la dureté du contexte social, il livre ici, de façon crue, une sordide histoire de jalousie et de meurtre, tout en montrant des personnages attachants. Le climat naturaliste étant de plus souligné musicalement par lutilisation dobjets sonores symboliques et banals destinés à renforcer latmosphère (sirène de la péniche, cris et expressions répétés ).
Avec Suor Angelica, mélodrame sentimental, Puccini décrit un monde de femmes quil connaissait bien puisque sa soeur Iginia vivait dans un couvent. La distribution de Suor Angelica est dailleurs entièrement féminine. Cest la seule oeuvre de Puccini conçue uniquement pour des voix de femmes et pour la première fois, un personnage féminin incarne la malveillance : la Princesse, un personnage de glace que rien ne peut ébranler et dont la force dévastatrice réside dans la cruauté mentale, blesse mortellement lâme sensible de Soeur Angelica.
La création du Triptyque a lieu au Metropolitan Opera le 14 décembre 1918, sous la direction de Roberto Moranzoni, sans la présence de Puccini qui n'avait pas voulu risquer la traversée un mois à peine après la fin des hostilités de la première grande guerre; et en Europe le 11 janvier 1919 au Teatro Costanzi de Rome, sous la direction de Gino Marinuzzi. Au Canada, les trois opéras ont été parfois présentés séparément, notamment à la télévision de Radio-Canada. La première montréalaise du Triptyque a eu lieu le 29 novembre 1971.
Distribution
II tabarro
Michele Grant Youngblood, baryton américain, est une des étoiles lyriques montantes. Ses rôles : Sharpless (Madame Butterfly) au San Francisco Opera; le rôle-titre de Don Giovanni, Scarpia (Tosca), Germont (La traviata), Marcello (La bohème) et Escamillo (Carmen) au New York City Opera; Dapertutto (Les contes dHoffmann) au Washington Opera; Figaro (Le barbier de Séville) au Dayton Opera; le rôle-titre de Rigoletto au Virginia Opera; Valentin (Faust) au Portland Opera; Silvio (Pagliacci) au Florida Grand Opera; les quatre vilains (Les contes dHoffmann) au Central City Opera. Il a enregistré lopéra The Song of Majnun de Bright Sheng (Delos, 1997). À lOpéra de Montréal, il participe au 8e Gala (2003) et est de la distribution dAïda (Amonasro, roi dÉthiopie) qui clôt la saison 2005-06.
Giorgetta Turid Karlsen, soprano norvégienne, appartient à la troupe de lOpéra de Karlsruhe de 1985 à 1992 où elle chante Pamina (La flûte enchantée), la Comtesse (Les noces de Figaro) et Donna Elvira (Don Giovanni). Par la suite, elle est engagée à lOpéra de Bonn en 1992 et ajoute à son répertoire des rôles comme Violetta (La traviata), Mimì (La bohème), Micaëla (Carmen), Antonia (Les contes dHoffmann), le rôle-titre (Jenufa) et Elettra (Idoménée). Elle fait ses débuts américains en 1998 en Donna Anna (Don Giovanni) au Baltimore Opera. Tout aussi présente au concert, elle a chanté avec lOrchestre symphonique de Montréal et lOrchestre symphonique de Québec. Récemment, en 2005, elle incarnait Helmwige (Die Walküre) au Nederlandse Opera. Elle fait ses débuts à lOpéra de Montréal.
Luigi Marc Hervieux, ténor canadien (Québec) connaît une ascension fulgurante, depuis que lillustre Valery Gergiev la choisi pour sa production de La traviata à Saint-Pétersbourg. Il reprend Alfredo sous Zubin Mehta et le New Israeli Philharmonic et, plus récemment, fait ses débuts comme des Grieux (Manon) à lOpéra de Québec, Pinkerton (Madame Butterfly) au Edmonton Opera, Edgardo (Lucia di Lammermoor) au Pacific Opera Victoria, et Roméo (Roméo et Juliette) au Calgary Opera. Récemment, il est Alfredo (La traviata) à Opera Ontario et avec le Israel Philharmonic, et Rodolfo (La bohème) au Edmonton Opera. À lOpéra de Montréal, il chante Rodolfo (La bohème), Chevalier de la Force (Dialogues des Carmélites), le Duc (Rigoletto) et Alfredo (La traviata), entre autres. Cest en Des Grieux (Manon) à lOpéra de Malaga en Espagne quil fait ses débuts européens. On le retrouve également dans le rôle-titre (Les contes dHoffmann) à lOpéra de Québec et Cavaradossi (Tosca) au Pacific Opera Victoria. Dernière présence à lOdM : Le Gala, 10e édition (2005).
Frugola Robynne Redmon, mezzo-soprano américaine [voir sa biographie ci-dessous]
Suor Angelica
Soeur Angelica Marie-Josée Lord, soprano canadienne (Québec), connaît un succès énorme depuis quelques années. Stagiaire de lAtelier lyrique de lOpéra de Montréal de 1999 à 2002, gagnante au Concours international de chant de Verviers en 2001, et lauréate du Prix Raoul-Jobin remis par la Fondation de lOpéra de Québec en 1998, elle fait ses débuts comme Prêtresse (Aïda) au Vancouver Opera en 2002. À lOpéra de Montréal, elle est Vénus (Le couronnement de Poppée), Mimì (La bohème), Annina (La traviata), Liù (Turandot) et Laoula (LÉtoile). En novembre 2004, la critique encense son incarnation de Marie-Jeanne dans la version symphonique de Starmania. Dernière présence à lOdM : Le Gala, 10e édition (2005).
La Princesse Robynne Redmon, mezzo-soprano américaine, a une voix parfaite pour le répertoire italien. Sa voix dune beauté plastique admirable, sa musicalité sans faille et sa présence scénique convaincante ont été fortement acclamées partout dans le monde, du Metropolitan Opera, du Lyric Opera of Chicago, du Dallas Opera et du San Francisco Opera au Teatro alla Scala et au Bayerische Staatsoper. À son répertoire, des emplois tels Adalgisa (Norma), la Haine (Armide), Carmen, Inez (La favorite) et Lucrèce (Le viol de Lucrèce). En 2003, elle créait le rôle-titre dans Madame Mao de Bright Sheng au Santa Fe Opera. Au cours de la saison 2005-06, elle chante Waltraute (Die Walküre) au Lyric Opera of Chicago et Jane Seymour (Anne Boleyn) au Teatro Regio de Turin. Au concert, elle se produit dans la IIe Symphonie, «Résurrection», de Malher avec lOrchestre symphonique de Montréal (2004). Dernière présence à lOdM : Le Gala, 2e édition (1997).
Direction musicale et chorale
Jean-Marie Zeitouni (Canada, Québec) a été chef assistant
et chef de choeur à lOpéra de Montréal, de même
que directeur musical de lAtelier lyrique de lOpéra de Montréal
jusquen 2006. En 2004, il est nommé chef associé des Violons
du Roy après seulement trois saisons comme chef en résidence.
Au printemps 2005, il fait ses débuts américains à la tête
du Oregon Symphony Orchestra. Au cours de la saison 2005-2006, il dirige L'Étoile
à la compagnie et au Cincinatti Opera, et The Turn of the Screw,
une production de lAtelier lyrique, et dirige à nouveau lOrchestre
symphonique de Montréal. À lété 2006, il dirige
le Requiem de Fauré au Festival de Lanaudière et La
flûte enchantée au Banff Center Festival. Jean-Marie Zeitouni
a également été directeur musical de plusieurs ensembles
: Choeur Contrapunctus, Théâtre d'art lyrique de la Montérégie
et Choeur de Laval. Musicien polyvalent, il oeuvre également au sein
de plusieurs organismes dont le Festival du Centre darts Orford, les Jeunesses
musicales du Canada, la CBC, lEnsemble Amati et Le kiosque à musique
à titre darrangeur. Dernière présence à la
compagnie : Aïda (2006, chef de choeur).
Mise en scène : Alain Gauthier (Canada, Québec) est directeur de scène à lOpéra de Montréal depuis 1997. En juin 2006, il monte LÉtoile de Chabrier pour le Cincinnati Opera, production quil a aussi montée pour lOpéra de Montréal (2005). Parmi ses réalisations : La bohème, Lélixir damour et Le médium. Il a été directeur de tournée et metteur en scène pour plusieurs séries de concerts classiques avec lAtelier lyrique de lOpéra de Montréal et les Jeunesses musicales du Canada.
Éclairages : Anne-Catherine Simard-Deraspe (Canada, Québec) est assistante au directeur technique de lOpéra de Montréal depuis 2001. Elle signe les éclairages de plusieurs productions du Théâtre de lUtopie et du Prospero : Isabelle trois caravelles et un charlatan (1999), Communications à une Académie (2000), Escurial (2000), Elle (2001), La folie sénile (2001), Jacques le fataliste (2002), Romania III (2003), Ce fou de Platonov (2004) et Molière en hiver (2006). En 2005, elle signe les éclairages et agit comme directrice technique pour trois opéras présentés par I Musici de Montréal. Depuis 2005, elle est chargée de projet au Théâtre du Rideau Vert. Débuts (éclairagiste) à lOpéra de Montréal.
Il tabarro
Opéra en un acte de Giacomo Puccini (Lucques, 1858 Bruxelles,
1924)
Livret de Giuseppe Adami, daprès la pièce La houppelande
de Didier Gold; 1re partie du Triptyque
Créé au Metropolitan Opera, New York, 14 décembre 1918
Chanté en italien avec surtitres français et anglais
Première à la compagnie
Suor Angelica
Opéra en un acte de Giacomo Puccini
Livret de Giovacchino Forzano; 2e partie du Triptyque
Créé au Metropolitan Opera, New York, 14 décembre 1918
Dernière production à lOpéra de Montréal :
novembre 1996
Billets à lunité à partir de 44 $
Abonnements à partir de 132 $
Prix spéciaux 18-30 ans : 35$ le premier opéra et 25$ les suivants
OU 5 opéras : 27$ ch.
Billetterie : OdM (514) 985-2258 / PdA (514) 842-2112 / ou www.operademontreal.com
préOpéra
Avant chaque représentation, le musicologue Pierre Vachon présente
loeuvre, son contexte, son livret et sa musique au Piano Nobile
de la salle Wilfrid-Pelletier à 18 h 30 (gratuit pour les abonnés,
5 $ pour les non-abonnés). En français avec résumé
en anglais.
Pour en savoir davantage ou pour recevoir la brochure de la nouvelle saison 2006-2007, composez le (514) 985-2258 ou visitez le site de l'Opéra de Montréal au www.operademontreal.com.
Prochain
rendez-vous
La traviata de Verdi
Les 4, 8, 11, 13, 16 novembre 2006 à 20 h et le 18 novembre 2006 à
14 h
Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
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