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| La visite de cette exposition du Musée des beaux-arts de Montréal est entièrement gratuite, au 1339 rue Sherbrooke Ouest, jusqu'au 9 décembre 2007. |
L'héritage artistique des Sulpiciens de Montréal
au nouveau pavillon du Musée des beaux-arts de Montréal, l'église
Erskine & American
Montréal, le 12 septembre 2007
Un voyage dans le temps
Une exposition qui se visite dans une ancienne église écossaise
et qui dénote la richesse et l'importante contribution de la Compagnie
des prêtres de Saint-Sulpice à l'histoire de l'art canadien, depuis
le Régime français jusqu'à nos jours et ce, dans le cadre
du 350e anniversaire de l'arrivée de leurs premiers membres au pays.
Pierre Thibault
On y redécouvre le talent de l'architecte Pierre Thibault que l'on a
appris à connaître par le biais de l'excellent film qu'Anne-Marie
Tougas a présenté au FIFA 2007 - lequel film sera présenté
aujourd'hui en présence de l'architecte et de la réalisatrice
(voir le calendrier des activités culturelles MBAM). Pierre Thibault
a conçu pour cette exposition un moyen génial d'intégrer
les racines montréalaises en créant un ruban contemporain de boîtiers
micro-climat dans ce double cadre historique.
L'église Erskine & American
L'ancienne église écossaise datant de 1893 et construite selon
la tradition presbytérienne dans le style néo-roman, en pierre
bossagée de calcaire et de grès en provenance de Miramichi est
finalement assez petite comparativement aux églises catholique romaines
que l'on retrouve partout à travers la ville. Il s'agit de notre seule
chance de la voir avant qu'elle ne reçoive l'art canadien de la collection
du Musée. Tout y est resté intact pour l'instant : nef, verrières,
chaire, fonds baptismaux, grand autel. Ne pas manquer de faire une petite pause
sur l'un ou l'autre des bancs en bois de la mezzanine pour s'imprégner
d'une vue d'ensemble et le déroulement du ruban de boîtiers micro-climat.
Coups de coeur
Il y en a plusieurs :
Les 7 tableaux de Montréal au 19e siècle : vue de l'île
Sainte-Hélène; Place d'Armes, rue Notre-Dame et l'église
du même nom; vue de la ferme des prêtres Sulpiciens dans ce que
l'on appelle maintenant le Vieux-Montréal; vue du fleuve, au-delà
de la ferme Saint-Gabriel; Place d'Armes et église Notre-Dame avec procession
de la Fête-Dieu; et dans un manuscrit intitulé Panorama de Montréal
datant de 1826-1830, Le Séminaire, du côté de la
rue, et calèche du pays (1826-27). Et tout particulièrement,
un panaroma de Montréal vue de la montagne sur laquelle se trouve un
troupeau de moutons (ces derniers ont-ils été vus là pour
vrai ou ont-ils été peints de mémoire par le peintre né
et mort en Angleterre ?) ; sur la toile, on remarque, au bord du fleuve,
5 rues cordées de petites maisons avec mur pare-feu et, ici et là,
des pignons de clocher.
Oeuvres remarquables
Au-delà des tableaux, objets, sculptures, dont une gigantesque toile
ronde qui a pris 2 ans à restaurer et une sculpture de la Vierge dévoilée
après quatre années de restauration, cette exposition rassemble
en tout une centaine d'oeuvres parmi lesquelles des dessins d'Ozias Leduc, des
plans d'architecte qui ont servi pour la construction de l'église Notre-Dame,
un petit film du chemin du calvaire à Oka, une maquette en bronze de
Charles Deaudelin... Enfin, des racines montréalaises de toutes origines :
1) Une huile sur toile, Le Génie du lac des Deux Montagnes, un
tableau qui se voulait une ouverture à l'univers amérindien, représentant
des papillons, tortues, grenouilles et canards au pied de deux autochtones,
eux-mêmes aux pieds d'un personnage fantasmagorique mi-homme mi-animal
entouré d'oiseaux en plein vol. Artthur Guindon l'aurait peinte en 1920,
fort probablement dans le but d'illustrer sa propre poésie.
2) Côté vêtements d'exception et objets d'église en
argent (calices, ostensoir, etc.) : une chasuble rouge - composée
de damas, fil d'or et de soie, velours et taffetas - tissée aux Ateliers
d'art sacré Antoinette Devillers à Paris en 1929.
3) Parmi les sculptures de bois : le plus ancien et le plus monumental Christ
en croix de l'ancienne église Notre-Dame de Montréal. Sculpté
par Antoine Labrosse en 1741, il était là depuis si longtemps
qu'une marque est restée au mur quand on l'en a retiré et on raconte
qu'une foule de petits mots de dévotion laissés par les gens s'y
trouvaient glissés, peut-être à l'insu de tout le monde.
4) Une photo Notman imprimée sur un panneau explicatif.
Le monde religieux francophone dans une église anglophone
Cette exposition pourrait bien s'avérer une excellente introduction à
l'ancien monde religieux québécois et montréalais pour
qui, pendant de longs siècles jusqu'à la moitié du XXe
constituait pratiquement tout. Car on sait qu'avant Expo 67, le monde francophone
montréalais n'avait pas tellement l'occasion de s'extérioriser
en dehors du labeur et de la religion dans ce Québec qui avait été
appelé Bas-Canada par comparaison au Haut-Canada, anglophone et riche.
Mais encore ? Mais cette exposition est présentée dans une ancienne petite
église anglophone tout aussi désaffectée !!! C'est tout à
fait extraordinaire.
C'est entièrement gratuit, au 1339 rue Sherbrooke
Ouest, à Montréal, jusqu'au 9 décembre 2007.
Calendrier hebdomadaire du Musée
des beaux-arts de Montréal
Les meilleurs films du FIFA 2007 : L'espace
que j'ai vu
Nouvel ouvrage de référence auquel a contribué le Musée des beaux-arts de Montréal : Les Sulpiciens de Montréal - Une histoire de pouvoir et de discrétion 1657-2007
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