Exposition Emily Carr au Musée des beaux-arts de Montréal


Montréal, le 21 juin 2007


Emily Carr était artiste-peintre et logeuse dans les années du colonialisme victorien dont l'esprit s'est possiblement poursuivi plus longtemps qu'ailleurs dans les alentours de la capitale de Colombie-Britannique située sur l'île de Vancouver. C'est dans cette île que se trouvent les sapins de Douglas géants qu'elle a peints avec énormément de style dans les tons de bleu, vert et terre. Elle est connue au Canada anglais comme la plus grande artiste peintre canadienne de renommée internatinoale. She is the best known Canadian artist, dit-on. Elle a représenté les totems amérindiens de la côte Ouest dont l'art était mal vu par les Colonialistes britanniques qui ont longtemps banni la tradition du potlatsh selon laquelle les Haïdas s'offraient supposément trop de cadeaux entre eux lors de certaines fêtes. Emily Carr a voyagé dans les villages amérindiens où elle s'est fait accepter et a créé chez elle à son retour de la poterie qu'elle façonnait elle-même en terre cuite et sur laquelle elle traduisait des motifs inspirés par les emblêmes qu'elle y avait vus. Environnementaliste avant l'heure, elle a peint les coupes à blanc de son époque montrant de petits arbres chétifs délaissés par les bûcherons et appelés screamers par l'industrie dite forestière qui défigure les paysages de même que la ressemblance entre la nature et l'être humain, l'anthropomorphisme. Croyante toute sa vie, ses tableaux reflètent une lumière qui irradie parfois de l'intérieur du tronc des arbres et d'autres fois contourne les cimes dans le ciel. Emily Carr, qui a étudié en français en 1910 et s'est rendue en France pour perfectionner sa technique, était convaincue que la nature triompherait de l'industrie.

Coups de coeur
L'intensité dans plusieurs tableaux qu'elle a peints sur place, en forêt, des sapins de Douglas géants dans l'île de Vancouver et les chapeaux tressés en racine d'épinette et peints aux motifs et emblêmes amérindiens de la côte Ouest. Aussi, la curiosité et un rictus pour son surnom Nuu-Chah-Nulth qui a mené à une certaine confusion lors d'une exposition de ses oeuvres en 1927, pour le film d'époque montrant un étêteur d'arbre se balançant incroyablement dans les airs ainsi que le commentaire unique qui décrit le tout, de même que la photo d'un écimage d'arbre-pylone prise en 1940.

Livres et catalogue
De nombreux livres ont été écrit sur Emily Carr ; par ailleurs, elle en a écrit elle-même lorsqu'elle est tombée malade. On a produit également un imposant catalogue pour cette exposition. Des calendriers et albums spiralés se trouvent également là pour consultation, incluant des commentaires et dessins de l'artiste racontant les péripéties d'un voyage avec sa soeur.

L'exposition Emily Carr Nouvelles perspectives sur une légende canadienne, compte de nombreux exemples de ses magnifiques tableaux en tons de bleu, vert et terre de même que toute une salle de masques, poteaux de maison, pagaies à motifs et emblêmes amérindiens de la côte Ouest, poterie, couverture, coffre, chapeaux, bracelet en argent à motif de corbeau ou d'oiseau-mouche datant d'à peu près 1870, objets sculptés, etc. C'est à ne pas manquer au Musée des beaux-arts de Montréal du 21 juin au 23 septembre 2007.

Autres expositions suggérées
La visite pourrait très bien se poursuivre dans le nouvel espace Marc-Aurèle Fortin qui y est adjacent et qui lui ressemble de certaines manières, étrangement. Pour un changement complet d'atmosphère mais restant dans le contour de l'air, le Musée présente également Un design américain : le Streamline de 1930 à nos jours jusqu'au 28 octobre 2007, au rez-de-chaussée. Cette exposition rassemble des objets montrant la courbe aérodynamique de plusieurs objets du quotidien et fabriqués en usine : moto, ancien pèse-personne, caravane de camping, etc.

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Musée des beaux-arts de Montréal
Saison 2006-07 - photo d'un mât totémique peint par Emily Carr
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