Catherine la Grande : un art pour l'Empire.
Chefs-d'oeuvre du musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg

au Musée des beaux-arts de Montréal

Montréal, le 31 janvier 2006

Qui était Catherine La Grande ?
Princesse allemande de naissance, elle s'est faite Russe par adoption : on la voit même portant le kokoshnik (sorte de couvre-chef russe) dans un tableau. Si Pierre Le Grand a fondé Saint-Pétersbourg à partir de terres arrachées aux Suédois, Catherine II de toutes les Russies a conquis 500 000 km2 de territoires nouveaux et a eu pour « dessein de retrouver la grandeur de l'ancien empire romain de Byzance dans ses guerres menées contre les Turcs ».

Elle avait des moeurs qui ne plaisaient pas aux hommes
Femme de pouvoir, elle vivait comme les hommes, jouissant au même titre qu'eux de toutes les libertés. Ça déplaisait beaucoup apparemment.

Elle était, dit-on, gloutonne au goût moderne de son époque
Elle avait un goût insatiable pour l'art, les arts. Disciple de Voltaire, dont on retrouve deux bustes et la maquette de sa maison à Ferney datant de 1777 ainsi que neuf toiles des Voltairiades, elle adorait le classicisme qui était à la mode et faisait appel aux meilleurs artistes de son temps. On retrouve donc toute une galerie de grands tableaux de maîtres comme Nicolas Poussin, Elizabeth Louise Vigée Le Brun, Mengs, Greuze...

L'exposition
Les experts ont conçu cette exposition comme si Catherine avait déménagé ses appartements d'hiver au Musée des beaux-arts de Montréal et que le visiteur y était reçu. C'est une occasion unique de voir le carosse de son couronnement (de style baroque au goût d'Elizabeth qui l'a précédée) tout en dorures, orné de la couronne des Romanov et d'une bonne vingtaine de têtes de lion, un carosse qui n'est sorti de Russie qu'à deux reprises et qui est possiblement le seul restant de l'époque, ceux de France ayant été détruits lors de la Révolution.

Innombrables coups de coeur
L'emplacement du carosse doré, en haut du grand escalier de marbre, est très impressionnant d'en bas mais il l'est presque tout autant quand on se retourne pour le revoir depuis la galerie où se trouvent les bustes de Voltaire, Diderot, Jean-Jacques Rousseau, etc. Un triple coup de coeur se trouve rassemblé après la grande toile du vaisseau explosé par Catherine pour l'effet, c'est le cadre du tableau de Guglielmi avec le cadre de porte moulé du Musée et le cabinet à moulage de gemmes contenant 20 camées (un de trois meubles à faire rêver). Et surtout ne pas omettre de lire les règles de bienséance de Catherine II à l'intention des invités à ses ermitages, particulièrement les règles 5 et 7 ainsi que les peines imposées aux contrevenants. Aussi, datant de 1790, une aquarelle et encre de Chine intitulée Projet pour une fausse ruine.

Les deux dernières salles
Le contenu des deux dernières salles est extraordinaire : figurines et assiettes en porcelaine, tapisserie, fauteuil, magnifique cabinet à médailles en acajou-chêne-bronze doré, le portrait ci-contre, un écran de cheminée, vases à couvercles, tentures, vase-candélabre en bronze et en dorures de plus d'un mètre de haut, une intéressante urne à scrutin, des pots-pourris, un encrier criméen, une chope, des obélisques, des vêtements, de nombreuses tabatières serties de nombreuses pierres précieuses et fines, bijoux, le tout affichant un luxe inouï.

Catalogue
D'une expertise remarquable, le catalogue de cette exposition serait le plus important fait au Musée à ce jour.

Musée-Fusion avec l'Ermitage
Le Musée de Saint-Pétersbourg présentera une exposition de Jean-Paul Riopelle cet été, alors que s'y tiendra en juillet 2006 la conférence du G-8. Par ailleurs, on annonce aussi une exposition qui sera préparée en commun pour présentation dans les deux villes de Montréal et St-Pétersbourg.

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