MUSICA CAMERATA

Montréal, le 28 novembre 2004

Musica Camerata a charmé son public grandissant ce samedi 27 novembre à la salle Redpath avec la suite des Chefs-d'oeuvre favoris. Pendant la première partie, à l'écoute de ce quatuor de Dvorak, on a l'impression de prendre une pause pendant une course folle et, alors que tout est prêt, de s'asseoir et de planifier le déroulement des activités et les discussions, parfois légères, parfois beaucoup plus prononcées. Dans la deuxième partie, M. Grinhauz (co-fondateur de l'ensemble et assistant violon solo de l'OSM) a particulièrement démontré sa virtuosité dans une pièce de Brahms pendant laquelle on aurait envie de s'adonner à la peinture abstraite sur une très grande toile. Qui veut peindre du mouvement pourra alors mélanger ses couleurs lors des passages où l'on retient son souffle.

Musiciens et musiciennes :
BERTA ROSENOHL, piano ; MICHAEL DUMOUCHEL, clarinette ; LUIS GRINHAUZ et VAN ARMENIAN, violons ; CHANTAL BOIVIN, alto et CARLA ANTOUN, violoncelle

Prochain concert le 22 janvier 2005

AU PROGRAMME : Chefs-d'oeuvre favoris II (Source : www.camerata.ca)

ANTONIN DVORAK (Nelahozeves 1841-Prague 1904) Quatuor pour piano et cordes en mi bémol majeur, op. 87
Oeuvre de la maturité, le Quatuor op. 87 a été composé en un mois à l’été 1889. Bien qu’il n’ait pas écrit pour cette formation depuis une quinzaine d’années, Dvorak se surprit lui-même de la facilité du travail. Une semaine avant l’achèvement de la partition, il écrit à l’un de ses amis : « Il me vient dans la tête tellement de thèmes que je n’ai pas le temps de les noter... J’ai déjà terminé trois mouvements d’un quatuor avec piano et je mets fin au dernier mouvement dans quelques jours... je suis littéralement inondé d’idées mélodiques.». Une grande énergie se dégage du premier mouvement marqué avec raison «con fuoco». Un touchant dialogue entre le piano et le violoncelle ouvre le second mouvement qui porte jusqu’à la dernière note le plus profond lyrisme. Le Scherzo propose une valse lente interrompue par une «furiant» plus agitée, un genre que Dvorak venait d’explorer en profondeur dans son second recueil de danses slaves ( op. 72 ). La vitalité du premier mouvement se retrouve dans la finale où deux thèmes principaux, différents d’allure, sont habilement développés notamment en un ingénieux contrepoint en imitation.

JOHANNES BRAHMS (Hambourg 1833-Vienne 1897) Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115
Johannes Brahms est l'un des rares compositeurs de l'époque romantique à avoir écrit autant d'oeuvres de musique de chambre : sa production dans ce domaine compte quelque vingt-cinq numéros d'opus, ce qui est considérable ! Et le quintette au programme de ce soir se situe au sommet de cette abondante production. Le Quintette pour clarinette et quatuor à cordes, op. 115, écrit pour un ami du compositeur, le clarinettiste Richard von Mühlfeld — qui lui inspira également un Trio et deux Sonates - date de la fin de la vie de Brahms. Comme le musicologue Claude Rostand l’a si bien noté : « C’est l’oeuvre d’un doux automne de la vie. Comme dans un journal intime, Brahms semble s’y tourner vers son passé, un passé qui fut exempt de véritables orages, mais qui compta beaucoup de grandes joies paisibles.» C’est une oeuvre calme et sereine où apparaissent parfois des moments de passions retenues et des teintes mélancoliques. Construit de façon très classique avec ses deux thèmes exposés, développés et repris, le premier mouvement nous fait entrer dans une douce atmosphère feutrée que le timbre de la clarinette contribue grandement à créer. On y pénètre plus profondément encore au cours de l’adagio qui suit, alors que les cordes mettent leur sourdine et que la clarinette chante une mélodie qui, de tendre, devient très mélancolique dans la section centrale du mouvement. Un climat plus souriant anime le bref troisième mouvement où le thème principal est de nouveau confié à la clarinette. Finalement, Brahms termine cette oeuvre admirable par cinq variations sur un thème très simple mais combien mélancolique et, lors de la coda, par la reprise du thème initial du premier mouvement. C’est une foule délirante qui accueillit ce nouveau quintette lors de sa création à Vienne, le 5 janvier 1892.

Billets individuels ou abonnements
L'ensemble propose divers forfaits de six concerts à 120 $ (ou 85 $ pour étudiants et aînés) ou de quatre concerts à 80 $ (60 $). On peut également se procurer des billets à la porte à compter de 18 h 00 les soirs de concert au prix de 25 $ (17 $) ou à prix réduits pour groupes de 10 personnes et plus.

Réservations & renseignements
Téléphone : (514) 489-8713 www.camerata.ca
Salle Redpath de l’Université McGill, 3461, rue McTavish (Metro Peel)

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