J'aime énormément la pièce que Robert Lafond m'a écrite. Je connais le style d'écriture de M. Lafond depuis quelques années, et j'ai toujours apprécié les côtés d'extrême sérénité et de profond requestionnement qui se retrouvent dans ses oeuvres. C'est toujours un défi que de jouer l'oeuvre d'un compositeur vivant, surtout lorsque celui-ci peut assister à la première! Je crois que M. Lafond était satisfait du résultat d'hier, et il faut souligner que j'ai travaillé à ses côtés il y a quelques jours afin de réellement traduire les sentiments qu'il a voulu exprimer dans cette oeuvre.

Alexandre Da Costa

Alexandre Da Costa au Centre Pierre-Péladeau : une longue ovation et deux rappels

Cherchant toujours à délier de son instrument inestimable les sons les plus raffinés, il glisse copieusement sur les notes avec une finesse extrême.


Montréal, le 21 mai 2004


Le violoniste soliste Alexandre Da Costa a offert hier soir une prestation exceptionnelle à Montréal, accompagné d'acolytes remarquables où tous se sont affranchis avec brio d'oeuvres dont certaines comportent une difficulté technique marquée.

Digne récipiendaire du célèbre violon STRADIVARIUS « Baumgartner » de 1689, prêté par le Conseil des Arts du Canada, et maniant un archet SARTORY prêté par la Fondation Canimex, Alexandre a d'abord joué en première mondiale une oeuvre composée tout spécialement pour lui par Robert Lafond, intitulée Solitario pour ensuite interpréter les Chansons populaires de Manuel de Falla, puis un duo de W.A. Mozart avec l'alto Jean-Philippe Tremblay. La deuxième partie de son récital, toute interprétée par coeur, a consisté de la Sonate no 1 pour violon seul de J.S. Bach, suivie d'une Danse espagnole (Manuel de Falla / Fritz Kreisler) agrémentée du rythme de la danseuse flamenca Marie Parisella, suivis d'Airs Tziganes de Pablo Sarasate.

C'est surtout lors du dernier rappel que le public a pu vraiment apprécier l'excellence de son jeune pianiste américain Matt Herskowitz. Les deux ont d'abord offert le Scherzo de Brahms et, avant les ovations finales, une pièce envolante et jazzée, Manic Depression de Jimi Hendrix où Matt Herskowitz, qu'Alexandre qualifie de grand pianiste Jazz qui possède une imagination et une fougue incroyable, flottait littéralement au-dessus de son banc tel un aéroglisseur.

Bref, le récital d'Alexandre Da Costa, c'était deux belles heures passées à voir et à entendre, en solo ou accompagné, un jeune virtuose appelé à devenir un grand maître.

Alexandre Da Costa est né à Montréal et vit présentement à Vienne, en Autriche. Au cours des dix dernières années, il a donné plus de cinq cents récitals et concerts en tant que soliste à travers le monde. Au Canada, il fut soliste invité avec plusieurs orchestres, dont l’Orchestre Symphonique de Montréal et l’Orchestre Métropolitain. En 2002, il a remporté le Prix de la Fondation Sylva Gelber décerné par le Conseil des Arts du Canada et plus récemment, le Prix de la Banque d’instruments du Conseil des Arts du Canada lui octroyant le prêt du célèbre violon STRADIVARIUS « Baumgartner » de 1689 pour les trois prochaines années. À l’automne 2004, il lancera deux nouveaux albums dont un disque d’oeuvres pour violon seul, ainsi qu’un enregistrement de duos pour violon et alto, avec l’altiste soliste de l’orchestre Philharmonique de Vienne : Christian Frohn.





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